Pleins feux sur les marchés

L’intelligence artificielle (IA), avec ses promesses et ses périls, suscite un incroyable engouement. C’est dans ce contexte que L’initiative Femmes de la Banque ScotiaMD pour les Services bancaires et marchés mondiaux (SBMM) a tenu une table ronde unique sur le sujet lors de la récente conférence sur les entreprises de technologies privées de la Banque Scotia.

Intitulé «Investir dans l’IA : occasions et enjeux», l’événement a réuni plusieurs investisseuses institutionnelles de premier plan, qui ont partagé le fruit de leurs réflexions sur le domaine en pleine effervescence de l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de leur recherche des prochains chefs de file lucratifs dans le domaine.

Les invitées ont décrit les perspectives d’affaires ouvertes par l’IA et donné des suggestions sur la manière dont les investisseuses et les entrepreneures pouvaient intégrer cette technologie afin d’en tirer un avantage concurrentiel. Ces femmes qui ont réussi dans les secteurs de la finance et de la technologie, historiquement dominés par des hommes, ont ensuite formulé des conseils pour aider d’autres dirigeantes, actuelles ou émergentes, à exceller.

Découvrir les véritables avantages de l’IA

«L’IA existe depuis 1956, mais elle n’avait pas d’impact visible sur le quotidien de la population, notamment sur les services de base comme les services bancaires ou gouvernementaux», a fait remarquer Grace Lee, coanimatrice de l’événement et première vice-présidente et chef, Données et Analytique à la Banque Scotia. «Le sujet revient périodiquement à l’avant-plan, mais il semble que cette fois-ci nous vivions un véritable tournant : l’IA sera déployée à grande échelle et pourra offrir un avantage concurrentiel. Il est toutefois important pour nous toutes, y compris les fondatrices d’entreprises et les bailleuses de fonds, de bien comprendre comment nous pouvons convertir cette promesse en valeur réelle.»

Dans cette visée, Grace Lee a demandé à Linnea Conrad-Roberts, fondatrice et chef de la direction de GingerBread Capital, de brosser un tableau de l’état actuel de l’IA. GingerBread Capital investit directement dans l’IA, dans des entreprises fondées et cofondées par des femmes et dans de nombreux fonds d’investissement.

«J’ai été témoin de nombreux cycles économiques au cours de ma carrière, et je crois que l’IA suit une trajectoire semblable à celle de l’Internet. Il a fallu de nombreuses années avant que l’Internet révèle son potentiel commercial et attire les investissements, a expliqué Linnea Conrad-Roberts. Nous avons vu l’IA et l’apprentissage machine se développer. Désormais, des entreprises s’en servent à des fins concrètes et deviennent des membres productives de la société.»

Elle a souligné comment, par exemple, l’IA peut stimuler fortement l’innovation dans les grandes entreprises du secteur de la santé des femmes et des soins de santé numériques : «Si on réussit à utiliser l’IA efficacement et judicieusement, notre monde deviendra meilleur grâce à elle.»

Ashley MacNeill, chef, Marchés des capitaux boursiers de Vista Equity Partners, a fait remarquer que «nous sommes sur le point de profiter d’innovations révolutionnaires qui seront utiles à la société en général». L’entreprise d’Ashley MacNeill se spécialise dans les investissements importants dans les dernières phases de la création de logiciels d’entreprise. Selon son analyse, «les applications logicielles comportent d’énormes avantages économiques et commerciaux, à condition que l’IA soit mise en œuvre correctement. Ce ne sont pas des paroles en l’air, c’est bien concret».

Aller au-delà du battage médiatique pour découvrir de la valeur

Même si elles sont optimistes quant au potentiel de l’IA, les invitées appellent à une grande prudence les investisseurs qui souhaitent intégrer à leurs portefeuilles des pionniers de l’IA, mais aussi les chefs d’entreprise qui s’efforcent d’intégrer l’IA, notamment en s’associant à un fournisseur de technologie qui fait des promesses audacieuses.

«Dans le cadre de notre mandat, “investir auprès de personnes très ingénieuses”, nous analysons de près l’équipe de direction d’une entreprise pour déterminer si elle a la vision et le dynamisme nécessaires pour réaliser les innovations promises, d’expliquer Linnea Conrad-Roberts. À l’heure actuelle, les meilleures applications d’IA découlent souvent de concepts simples, et elles sont capables de résoudre un problème réel sur le marché.»

Selon Ashley MacNeill, «en termes de rendement du capital investi, une grande partie du potentiel immédiat de l’IA générative consiste pour le moment à réduire les coûts et à accroître l’efficacité, et il ne concerne pas les ventes. C’est particulièrement vrai dans le développement de logiciels, quand on tient compte des heures de travail humain requises et de la capacité de l’IA à réduire cette charge».

Cependant, les deux invitées ont souligné que pour récolter ces bienfaits, une entreprise doit absolument commencer par purger ses données structurées, tâche nécessaire pour mettre en œuvre efficacement des modèles de langage IA. Elles doivent également mettre en place une bonne gouvernance, pour garantir que les algorithmes sont programmés, conçus et utilisés aux fins prévues, et qu’ils n’incitent pas aux abus.

Ashley MacNeill et Linnea Conrad-Roberts invitent les entrepreneurs à réfléchir aux moyens par lesquels l’IA pourrait renforcer leur entreprise, en gardant ces réserves à l’esprit. «Compte tenu de son grand potentiel pour réduire les coûts et la durée des cycles d’entreprise, l’IA est susceptible de créer de nombreux gains d’efficacité dans la vie d’une fondatrice, d’affirmer Linnea Conrad-Roberts. En effet, la fondatrice d’une entreprise a tellement de rôles à jouer et, en utilisant l’IA pour réaliser les tâches les plus fastidieuses, elle pourra se consacrer davantage aux relations avec les clients, les investisseurs et ses équipes.»

Elles ajoutent que les outils d’IA pourraient bientôt devenir un incontournable pour les entrepreneures. Ashley MacNeill a fait le constat suivant : «Les fondatrices devront réaliser que leurs modèles commerciaux évoluent de plus en plus rapidement. Avant, il fallait cinq ans pour concrétiser une idée, mais grâce à l’IA générative, ce délai peut être considérablement réduit. Les dirigeantes devront désormais être beaucoup plus adaptatives et sensibles à l’incidence de ces nouvelles technologies sur l’environnement concurrentiel et, par extension, sur leurs stratégies.»

Des femmes tracent les frontières de l’IA

Les invitées ont également souligné les similitudes entre les entrepreneures qui naviguent dans le monde à évolution rapide de l’IA et les professionnelles qui doivent surmonter des obstacles dans des secteurs où les femmes sont moins présentes, comme la technologie, le capital-risque et la gestion d’actifs.

«À l’instar d’une entrepreneure qui tente de donner vie à une idée, les femmes peuvent subir de nombreux revers durant leur parcours professionnel, a fait remarquer Linnea Conrad-Roberts. Je crois fermement qu’il faut regarder le problème par l’autre bout de la lorgnette, donc je me dis souvent que je suis chanceuse d’être la seule femme d’un groupe, car le fait d’être différente me permet de me démarquer plus facilement.»

Elle admet qu’il faut parfois faire preuve d’humour : «N’oubliez pas que si les autres vous traitent inéquitablement, ce n’est pas nécessairement intentionnel. Ne confondez pas ignorance et malveillance.»

Ashley MacNeill se méfie elle aussi des conclusions hâtives. «Ne présumez pas qu’une personne influente (votre patron, un client ou un mentor) est trop occupée pour vous voir. Demandez-lui si elle veut prendre un café. Si elle accepte, préparez-vous en conséquence. Elle prendra son café avec quelqu’un de toute façon, alors aussi bien que ce soit avec vous.»

La coanimatrice de l’événement Kshamta Kaushik, chef, Marchés des capitaux mondiaux de la Banque Scotia aux États-Unis, a conclu cette discussion dynamique ainsi : «C’est incroyable à quel point l’IA trouve sa place dans le monde des affaires et la société; la création de valeur est à un véritable tournant. Cependant, il faut aussi se rappeler que même si l’IA peut faire beaucoup de choses, elle ne peut pas remplacer les relations et l’expérience. C’est pourquoi nous sommes si fières d’organiser aujourd’hui cet événement de L’initiative Femmes de la Banque Scotia, pour susciter des discussions passionnantes et vous aider à créer un avantage durable.»

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Pour les demandes de renseignements généraux, envoyez un courriel à gbm.womeninitiative@scotiabank.com