Dans cet épisode spécial du balado Le point sur les marchés, la Banque Scotia présente les moments forts du Forum Perspectives estivales Diriger à l’ère de l’IA, organisé par L’initiative Femmes de la Banque Scotia. Alors que l’IA continue de transformer le modèle d’exploitation des organisations, les dirigeantes et dirigeants sont confrontés à de nouveaux enjeux liés à l’innovation, à la gouvernance et à la transformation de la main-d’œuvre. Regroupant les points de vue d’expertes de la Banque Scotia, de Microsoft et d’eStruxture Data Centers, cet épisode présente les moments clés d’une discussion d’actualité sur l’instauration de la confiance, la promotion de l’adoption et la création d’une valeur durable grâce à l’IA.
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Intervenantes
Vanessa Parrack (modératrice)
Vice-présidente, Gestion et planification des activités
Banque Scotia
Cari Covent
Conseillère en chef en matière de données et d’IA
Microsoft Amériques
Angela Adam
Vice-présidente principale, ventes et marketing
eStruxture Data Centers
Diriger à l’ère de l’IA : inspirer les dirigeantes et dirigeants à créer une réelle valeur grâce à l’IA
Alors que l’IA s’immisce désormais dans presque tous les aspects de notre vie, les dirigeantes et dirigeants d’entreprise se posent une multitude de questions, comme « Comment puis-je favoriser l’adoption de cette innovation au sein de mon organisation? », « Comment cerner les véritables occasions? » et « Comment passer de la phase d’expérimentation à la création d’une valeur concrète à l’échelle de mon entreprise? »
Pour répondre à ces questions, les Services bancaires et marchés mondiaux (SBMM) de la Banque Scotia ont récemment présenté l’événement Diriger à l’ère de l’IA de L’initiative Femmes de la Banque Scotia à sa clientèle d’affaires et institutionnelle.
Comme l’ont révélé les expertes, le défi associé à la transformation par l’IA ne se situe pas dans la sphère technologique. Il concerne plutôt le leadership, la formation de la main-d’œuvre et l’instauration d’un climat de confiance, tous des volets nécessitant des dirigeantes et dirigeants qui font preuve de curiosité, qui favorisent une exploration responsable et qui sont prêts à repenser les façons de travailler.
L’adoption réussie de l’IA commence par un changement de mentalité
« L’IA évolue à un rythme effréné, et notre succès dépendra des gens, notamment de la façon dont nous dirigeons, nous nous adaptons et nous mobilisons les autres,» noté Michelle Khalili, directrice générale et cheffe mondiale, Marchés des capitaux boursiers et Services-conseils en financement des grandes entreprises de la Banque Scotia, ainsi que responsable de L’initiative Femmes de la Banque Scotia pour les SBMM. La discussion d’aujourd’hui peut vous aider à mettre en place des solutions novatrices qui comblent précisément ce besoin. »
Vanessa Parrack, modératrice du forum et vice-présidente, Gestion et planification des activités à la Banque Scotia, reprend l’image des pièces de casse-tête lorsqu’elle interroge les expertes sur le changement de mentalité nécessaire pour obtenir une valeur concrète de l’IA.
En réponse, Cari Covent, conseillère en chef en matière de données et d’IA pour Microsoft Amériques, explique pourquoi la direction et le personnel doivent changer leur façon de voir les choses : « Même si on entend souvent parler des défis liés aux technologies ou aux données existantes, la gestion du personnel et du changement représente un enjeu bien plus important. »
« En tant que cadre, vous devez vraiment cultiver votre curiosité et poser les bonnes questions à votre équipe. Vous devez encourager la pensée critique, veiller à ce que les décisions relèvent de la responsabilité humaine, remettre en question les hypothèses et valider les résultats. N’oubliez pas de considérer l’IA comme une collaboratrice plutôt que comme une autorité. »
La copanéliste Angela Adam, vice-présidente principale, ventes et marketing à eStruxture Data Centers, souligne qu’« une dirigeante ou un dirigeant n’a pas besoin d’être scientifique de données, mais elle ou il doit être suffisamment prêt pour se lancer. Cela signifie poser les bonnes questions, comme “Quel problème essayons-nous de résoudre?”, “Que se passera-t-il si nous réussissons ou échouons?” et “Quel sera le coût en temps, en argent et en confiance?” »
Cari et Angela, qui ont toutes deux contribué à l’élaboration de la stratégie nationale en matière d’IA récemment publiée par le gouvernement fédéral, ont également affirmé que les dirigeantes et dirigeants doivent favoriser ce changement de mentalité au sein de leur effectif. Pour y arriver, il faut une communication descendante véritablement ouverte dans laquelle la dirigeante ou le dirigeant présente en toute franchise ses propres connaissances sur l’IA, explique clairement pourquoi l’IA est importante et indique la direction que prend l’organisation. « En parlant ouvertement, la dirigeante ou le dirigeant peut créer la culture de confiance interne nécessaire pour que le personnel puisse expérimenter avec l’IA, échouer dans le respect des limites de sécurité établies, apprendre rapidement et aller de l’avant », explique Cari.
Angela précise que, d’après son expérience à eStruxture, qui est la plus grande plateforme canadienne de centres de données neutres, une dirigeante ou un dirigeant peut, grâce à un dialogue constructif, aider le personnel à comprendre les concepts de collaboration humain-IA ainsi que les avantages d’adapter les méthodes de travail. Par exemple, on peut expliquer comment transformer les processus grâce à une collaboration humain-agents d’IA, chacun accomplissant des tâches complémentaires qui correspondent à ses points forts. « L’IA réalise son plein potentiel lorsque les dirigeantes et dirigeants la voient comme un catalyseur et aident le personnel à comprendre comment elle permet de créer de nouvelles occasions, capacités et fonctions, et pas seulement d’obtenir des gains d’efficacité. »
La création de valeur au-delà de l’engouement
Le groupe d’expertes a abordé un autre obstacle de taille à l’adoption de l’IA : la difficulté de cerner les véritables occasions d’application dans un contexte de fort engouement. Certaines entreprises se contentent d’utiliser l’IA à tout vent et de greffer cette technologie à n’importe quel processus dans l’espoir d’obtenir des gains d’efficacité ou de réaliser de modestes économies.
« La dirigeante ou le dirigeant doit sérieusement se demander comment l’entreprise pourrait en tirer le meilleur parti », insiste Angela. Elle souligne que l’IA excelle déjà dans certaines tâches : résumer de l’information, faciliter la compréhension de grands volumes de données ou appuyer la prise de décisions ou prendre des décisions à votre place, si vous le lui permettez. « Vous devez donc décider de la place qu’occupera cette nouvelle capacité dans la transformation de votre entreprise, déterminer comment l’utiliser efficacement et repenser les rôles au sein de votre équipe. »
« Plutôt que de se demander ce que peut automatiser l’IA, il faudrait se demander ce qu’elle devrait automatiser, fait remarquer Cari. Les processus ne nécessitent pas tous l’utilisation de l’IA. L’objectif devrait être de repérer les domaines où elle peut véritablement améliorer les résultats, la productivité et l’expérience client. »
Les panélistes ont ensuite souligné que, une fois le bon problème cerné, l’organisation doit établir des indicateurs de référence pour aider les dirigeantes et dirigeants à mesurer les résultats. « Tout le monde sait comment préparer une analyse de rentabilité pour faire approuver un projet, observe Vanessa. Cependant, l’IA exige une approche rigoureuse et axée sur des faits pour définir le problème, la solution et le ratio coûts-avantages. Pour les aider à hiérarchiser les cas d’utilisation, à obtenir du capital pour l’application à grande échelle et à déployer une IA créatrice de valeur, les dirigeantes et dirigeants ont besoin d’indicateurs qui leur permettront de déployer, d’évaluer, d’itérer et de passer en production en toute confiance. »
Favoriser l’adoption à grande échelle grâce à la confiance
Les panélistes ont également parlé d’une préoccupation fréquente chez les dirigeantes et dirigeants d’entreprise : voir des projets pilotes prometteurs ne pas se faire adopter ou ne pas réaliser le potentiel attendu.
« Bien que les contraintes liées aux infrastructures et aux aspects matériels, comme l’alimentation en électricité, la main-d’œuvre, la connectivité réseau et la disponibilité des données, peuvent nuire au déploiement à grande échelle d’un projet d’IA, le principal obstacle à l’adoption demeure la confiance », déclare Angela.
Elle a souligné que la confiance nécessaire pour démontrer aux parties prenantes les avantages d’une stratégie d’IA repose sur des éléments essentiels, c’est-à-dire une politique et une gouvernance claires, des limites de sécurité rassurantes et des indicateurs permettant de démontrer les résultats et la valeur opérationnelle. « Les conseils d’administration et les équipes de direction accordent leur confiance lorsqu’on leur présente des exemples concrets, des résultats mesurables et une valeur opérationnelle tangible. Pour le personnel, la confiance découle d’un champ d’application bien défini, d’une utilisation prévue claire, de l’accès à l’information et de l’autonomie nécessaire pour explorer, voire échouer dans le respect des contrôles établis. »
« La gouvernance est tout aussi importante que l’innovation, affirme Cari. Chaque organisation devrait mettre en place une politique d’utilisation responsable de l’IA ainsi qu’un cadre de gestion du risque lié à l’IA approuvés par le conseil d’administration, compris par la haute direction et assorti de mécanismes produisant régulièrement des rapports. Ces documents devraient présenter clairement tous les concepts clés : les enjeux de conformité – comme la protection des données –, les considérations d’affaires, l’évaluation de la valeur créée, les processus décisionnels et les principes en matière de ressources humaines, comme ceux touchant la collaboration humain-IA ainsi que la refonte des emplois. »
Les femmes qui façonnent l’évolution de l’IA
Dans un forum réunissant des dirigeantes, il était naturel d’aborder l’écart entre les femmes et les hommes dans l’adoption de l’IA. Bien qu’Angela souligne que les récentes statistiques canadiennes indiquent une parité approximative entre les femmes et les hommes en matière d’accès à l’IA, elle précise que l’enjeu le plus important est de savoir si les femmes occupent des postes de direction leur permettant d’influencer la conception, le déploiement et la gouvernance de l’IA. « L’IA évolue à la vitesse de la lumière, ce qui veut dire que nous pouvons accomplir de grandes choses très rapidement et échouer tout aussi rapidement. Veillons donc à assurer un équilibre hommes-femmes dans la prise de décisions et l’élaboration des cadres. »
« Il sera important de ne jamais perdre de vue la dimension humaine et de diriger avec empathie en cette période de profondes transformations », conseille Cari, en faisant référence aux forces que possèdent de nombreuses femmes dirigeantes.
« Il est naturel d’éprouver une certaine incertitude face à l’IA, mais la discussion d’aujourd’hui montre comment les dirigeantes et dirigeants peuvent placer le personnel au cœur de la transformation, se concentrer sur la création d’une valeur durable et évoluer de façon responsable, souligne Fanny Doucet, directrice générale et cheffe, Finance durable à la Banque Scotia. Depuis 2018, L’initiative Femmes de la Banque Scotia aide ses clientes à réussir selon leurs propres conditions. Alors que l’IA transforme notre façon de travailler, de prendre des décisions et de créer de la valeur organisationnelle, nous souhaitons aider nos clientes à bâtir leur avenir professionnel et à créer des entreprises durables avec l’aide de cette technologie. »
Que peuvent faire les dirigeantes et dirigeants dès maintenant?
À la fin du forum de L’initiative Femmes de la Banque Scotia, les panélistes ont donné un dernier conseil aux personnes présentes qui se demandaient peut-être par où commencer.
« Je vous recommande simplement d’essayer d’utiliser l’IA, notamment en y consacrant du temps à la maison pour vous familiariser avec cette technologie, suggère Cari. Partagez ensuite vos apprentissages avec votre équipe afin de créer cette culture de communication, de confiance et, ultimement, de collaboration. Ainsi, vous comprendrez mieux l’IA et commencerez à repenser ensemble votre organisation. »
« Mon conseil, c’est de commencer maintenant, conclut Angela. Vous ne vous sentez probablement pas encore à l’aise de vous lancer, mais informez-vous et encouragez votre équipe à emboîter le pas. Entourez-vous de personnes curieuses et capables d’apprendre rapidement, puis bâtissez ensemble l’avenir de votre organisation. Ce ne sera pas facile, mais nous devons utiliser cette technologie, nous permettre d’échouer et appliquer des stratégies capables de créer une véritable valeur pour nos organisations, notre clientèle, notre personnel, nos collectivités et nos actionnaires. »