Pleins feux sur les marchés

Nous présentons Focus sur l’AEUMC : rupture, renégociation et repositionnement. Avec cette publication, nous lançons une série d’enquêtes sur les dynamiques de renégociation de l’Accord États‑Unis–Mexique–Canada (AEUMC), qui régit la majeure partie des échanges nord‑américains au sein du plus grand bloc commercial du monde. Notre analyse examine les questions fondamentales et stratégiques visant à déterminer si l’accord mènera à l’une des issues suivantes : un renouvellement assorti d’ajustements; une incertitude persistante avec des examens annuels; ou un retrait d’une ou de plusieurs parties suivi de tarifs douaniers de représailles.

Que devient l’AEUMC dans le contexte d’un programme America First affirmé? L’administration Trump continue de redéfinir l’ordre géopolitique et géoéconomique d’après‑guerre, dans une dynamique que le premier ministre du Canada, Mark Carney, qualifie de “rupture” plutôt que de transition. Une doctrine Monroe revitalisée alimente une vision élargie de l’hégémonie américaine dans l’hémisphère occidental; les tarifs visent à corriger les déséquilibres commerciaux mondiaux grâce au rapatriement des capacités industrielles; et les considérations de sécurité ont entraîné le pays dans des opérations militaires allant du Venezuela à l’Iran. L’ajustement économique (et sécuritaire) à un programme America First au moyen des conditions commerciales pourrait nécessiter des concessions; par exemple, les dépenses gouvernementales en pourcentage du PIB s’élèvent à 44,7 % au Canada, contre 37,9 % aux États‑Unis et 30,3 % au Mexique. Dans ce rapport, nous proposons une base analytique et un cadre d’évaluation pour déterminer si un scénario “North America First” pourrait se concrétiser.

Analyse de scénarios macroéconomiques. L’équipe d’Économie de la Banque Scotia offre des perspectives uniques sur les enjeux macroéconomiques grâce à son modèle macro intégré États‑Unis–Canada. Trois résultats sont envisagés :

  • Scénario de base : suppose que l’AEUMC est prolongé avec des ajustements n’ayant qu’un effet négligeable sur la trajectoire macroéconomique.
  • Scénario 1 : suppose l’imposition par les États‑Unis d’un tarif de 10 % sur les biens actuellement exemptés en vertu de l’AEUMC, ce qui entraînerait une baisse du PIB de 0,6 %, jugée gérable.
  • Scénario 2 : représente un véritable choc macroéconomique, avec des tarifs de 35 % appliqués par les États‑Unis (les secteurs de l’énergie et de la potasse demeurant à 10 %). Ce scénario mènerait à une récession et à une contraction du PIB canadien de -1,9 % un an après un effondrement des négociations.

Analyse de l’exposition sectorielle. L’équipe Marchés des capitaux de la Banque Scotia (GBM) met en contexte la composition du PIB du Canada, la dynamique des importations et exportations entre le Canada et les États‑Unis, ainsi que l’exposition des différents secteurs. Le degré de dépendance des États‑Unis à l’égard des importations provenant des divers secteurs canadiens est comparé à la dépendance du Canada envers ses exportations vers les États‑Unis. Ce processus comparatif met en lumière un continuum où certains segments de l’économie canadienne se révèlent plus ou moins vulnérables à une renégociation de l’AEUMC. Le pétrole et le gaz canadiens ainsi que la potasse constituent des exemples clés d’exportations dont dépend l’économie américaine, ce qui explique pourquoi ces produits ont été assujettis à des tarifs plus faibles par les États‑Unis que d’autres secteurs. À l’inverse, les secteurs plus exposés comprennent la fabrication, la machinerie, les produits chimiques et les pièces de transport — des segments plus à risque face à des tarifs américains. Le système de gestion de l’offre dans le secteur laitier constitue également un exemple d’irritant commercial dans le domaine agroalimentaire. Nous avons aussi mis en évidence, dans une perspective de marché boursier, la part des revenus des secteurs et sous-secteurs du S&P/TSX Composite provenant des États‑Unis (avec certaines réserves, car la complexité de certaines structures d’entreprise exige des analyses plus poussées).
 

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